N’ayez pas peur de la baleine bleue – ensemble, nous pouvons l’affronter

Child Focus News

04-05-2017

N’ayez pas peur de la baleine bleue – ensemble, nous pouvons l’affronter

Le Blue Whale Challenge

Les défis ont toujours existé

Échanger des coquillages sur la plage, collectionner des Flippo ou jouer à ‘Gage ou Vérité’ : les enfants et les jeunes ont toujours été intéressés par les défis et les compétitions. L’avènement d’internet et des médias sociaux n’a fait que renforcer ce penchant, avec l’introduction de phénomènes comme l’Ice-bucket challenge et la hype Pokémon-Go. Cependant, tous les défis ne sont pas aussi innocents.

Le ‘Salt & Ice challenge’, qui consiste à appliquer un glaçon sur une partie du corps recouverte de sel, en est un bon exemple. La combinaison de sel et de glace crée très vite des brûlures au troisième degré.

Très récemment, une nouvelle usine à rumeur s’est mise en marche. Cette fois-ci, il s’agit du ‘Blue Whale Challenge’ (BWC). En Russie, des milliers de jeunes se seraient pris de passion pour ce jeu qui, via toute une série de défis comme diverses formes d'automutilation, pousse au suicide au terme de 50 jours ou étapes. Plus de 130 adolescents russes se seraient suicidés. Et le jeu ferait maintenant son apparition en Europe...

Fake news

Après recherche, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un hoax (canular). Bref, une fake news. Les histoires de Russie faisant état de centaines de victimes sont fausses. Il s’agissait tout simplement d’un faux article à sensation. Mais il était trop tard pour arrêter la propagation du BWC.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre via de nombreux canaux et a suscité beaucoup de questions de parents inquiets. En Angleterre, la police a mis en garde contre le jeu, qui pourrait pousser à l'automutilation et/ou au suicide. Plusieurs déclarations similaires sont apparues plus tard en France, au Luxembourg et en Autriche.

Un danger bien réel

Ce qui était au départ un hoax est ainsi devenu une menace réelle pour les enfants et les adolescents, en Belgique également.

La panique mondiale et le battage médiatique actuel autour du BWC peuvent en effet inciter des jeunes à l'automutilation. Les jeunes vulnérables souffrant déjà d’un manque de confiance en eux et en proie à des pensées dépressives peuvent y être particulièrement prédisposés. Cela ne facilite pas le travail des agents de prévention à différents niveaux. Car c’est précisément la ‘publicité’ faite au phénomène qui a transformé le BWC – initialement une fausse information –  en danger bien réel.

Que faire ?

Hoax ou non, il est important d'être vigilant et de savoir comment y faire face.

Faites attention aux signaux d’un possible comportement d’autodestruction : des changements de comportement soudain, se retirer, se lever très tôt le matin ou rester debout toute la nuit ou des signaux d’automutilation : des blessures inexplicables ou couvrir son corps à tout moment,…

Si vous pensez qu'un jeune est en contact d'une manière ou d’une autre avec un défi potentiellement dangereux comme le BWC sur internet, voici d’ores et déjà quelques conseils :

  1. D’une manière générale, manifestez de l’intérêt pour le monde des jeunes, en ligne également. Il vous sera ainsi plus facile d’engager le dialogue ;
  2. Ne paniquez pas directement. Ne communiquez pas vos propres peurs et inquiétudes au jeune, mais discutez-en calmement.
  3. Écoutez l'histoire du jeune sans juger. Faites preuve de compréhension ; les jeunes qui y participent sont (souvent) des jeunes qui ne se sentent pas bien dans leur peau et ont donc besoin de soutien et d’aide.
  4. Discutez du phénomène, expliquez aux jeunes de quoi il s’agit et attirez leur attention sur le caractère manipulateur du jeu. Tout comme les jeunes se laissent convaincre d’entrer dans le défi, ils peuvent aussi se laisser convaincre d’en sortir. Faites surtout preuve de beaucoup de compréhension et recherchez les raisons qui sous-tendent leur participation au jeu.
  5. Donnez des perspectives aux jeunes, faites-leur savoir qu’ils ne sont pas seuls face à cela et examinez patiemment toutes les possibilités. Dites-leur qu’ils peuvent à tout moment sortir du jeu et aidez-les en ce sens. Même s’ils se sentent ‘obligés’ de continuer, ils se sentiront mieux s’ils en sortent. Personne ne peut les retenir ou leur faire du mal pour cette raison.
  6. Attirez l’attention du jeune sur l'importance de ne pas rester seul avec ce problème. Aidez-le à trouver une personne de confiance ; celle-ci peut être vous-même, mais une autre personne est parfois plus adaptée (professeur, médecin, parent, membre de la famille, responsable d’organisation de jeunesse, ....)
  7. Portez toujours plainte à la police locale. Pousser des jeunes à l'automutilation et/ou au suicide constitue bien évidemment une infraction pénale. Ce n’est que si la police est informée qu’il est possible de prendre des mesures.

Centre de prévention du Suicide Pour toute question au sujet du suicide, prenez contact avec la ligne Prévention suicide (Zelfmoordlijn) au numéro gratuit 1813 et sur les sites www.zelfmoord1813.be. ou www.preventionsuicide.be

Vous avez d’autres questions concernant les défis en ligne et la manière de les combattre ? Prenez contact avec Child Focus via le numéro gratuit 116000 (24 heures sur 24, 7 jours sur 7).

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