Que pouvez-vous faire ?
Votre enfant vous a confié avoir subi un abus sexuel ou vous pensez qu'il lui est arrivé quelque chose de grave d'ordre sexuel. Son comportement a changé et vous ne savez vers qui vous tourner. N'hésitez pas à contactez Child Focus au numéro d'urgence gratuit, le 116 000. Ce numéro d'urgence est accessible sept jours sur sept, 24 h sur 24. Un « Responsable accueil » recevra votre appel et le transfèrera vers un "Conseiller" spécialisé.
Ce conseiller n'offre pas de traitement thérapeutique mais vous assure un encadrement pour vous aider à aborder la situation le plus calmement possible. Avec lui, vous examinerez deux possibilités d'action : la procédure judiciaire et/ou l'encadrement thérapeutique.
Encadrement thérapeutique
L'abus sexuel peut occasionner à votre enfant des dommages psychologiques ou d'ordre neurobiologique susceptibles d'entraver son développement et son épanouissement. Des symptômes de l'abus peuvent ainsi se révéler à court ou à long terme : perte de confiance en soi, aversion pour l'intimité sexuelle, dépression, sentiments de culpabilité et de honte, vulnérabilité face aux difficultés de la vie, cauchemars...
Mais ces troubles ne sont pas irréversibles si votre enfant est pris en charge sans tarder. Outre votre soutien, un encadrement thérapeutique peut l'aider à surmonter cette épreuve et à retrouver un équilibre.
Pour obtenir l'aide appropriée, il convient de s'adresser à des professionnels dans le traitement des abus sexuels. Si vous ne savez vers qui vous tourner, le Conseiller peut vous orienter vers une organisation et/ou une personne apte à vous venir en aide.
Si l'abus sexuel de votre enfant ébranle toute la structure familiale, un accompagnement professionnel de tous les membres de la famille est souhaitable.
Procédure judiciaire
Parallèlement à l'encadrement psychologique, vous avez la possibilité de lancer une procédure judiciaire via le dépôt d'une plainte à la police. Le Procureur du Roi décidera de poursuivre ou non l'auteur de l'abus.
Il vous est également possible de vous constituer partie civile. Par cet acte, vous demandez au juge de se prononcer sur l'indemnisation que vous demandez. Si l'auteur a été condamné à une peine de prison, vous serez informés de la date à laquelle cette peine de prison prend fin. En qualité de partie civile, vous aurez également le droit de demander une enquête judiciaire si vous n'êtes pas d'accord avec le classement sans suite de l'affaire par le parquet. De plus, vous pouvez obtenir un droit de regard sur le dossier et demander des devoirs d'instruction. La constitution de partie civile est une procédure payante.
Si vous voulez obtenir de plus amples informations sur les procédures, veuillez consulter un avocat ou le service d'accueil des victimes du parquet. Le site
avocat.be vous permet d'obtenir des informations concernant une aide de première ligne (aide juridique) ou de deuxième ligne (avocat pro deo) totalement ou partiellement gratuite. Assurez-vous que votre assurance familiale couvre l'aide juridique.
Si vous craignez de vous perdre dans les dédales du système judiciaire, n'hésitez pas à faire appel à l'un des Conseillers de Child Focus.
Tenez votre enfant informé
Quelque soit votre décision à propos d'une procédure judiciaire ou d'un encadrement thérapeutique, veillez toujours à en informer votre enfant et lui demander son accord. Cependant, expliquez-lui bien que l'abus sexuel est condamnable par la loi et que vous devez le signaler afin d'arrêter l'abuseur, d'une part pour faire cesser l'abus et d'autre part, pour protéger d'autres victimes potentielles.
Dans le cadre d'une procédure judiciaire, ne perdez pas de vue que c'est l'enfant qui sera le plus exposé. Soyez attentif à son ressenti.
Comment aider personnellement votre enfant ?
Vous devez avant toute chose affirmez votre présence auprès de lui et vous montrer disponible. Pour un adulte, il est déjà parfois ardu d'encaisser des « chocs » physiques, émotionnels. Un enfant n'est pas naturellement armé pour gérer de tels traumatismes. Plus que lors de toute autre situation, l'enfant a besoin d'un adulte auquel il peut se référer et se confier. Signifiez-lui que l'abus va désormais cesser et que vous allez l'aider en alertant une personne « dont le métier est d'aider les enfants ».
Insuffisamment informé en raison de son jeune âge, un enfant n'est pas en état de comprendre ce qui lui est arrivé et par conséquent, les mots lui manquent, ses propos vous sembleront peut-être incohérents. Peut-être va-t-il même se murer dans le silence. Rétablir le dialogue est un travail de longue haleine qui exige de la patience. Aussi, il convient de ne pas le forcer à tout vous expliquer en détail. Suite à un abus sexuel, l'enfant perd confiance envers le monde, les êtres qui l'entourent et en lui-même. Cette confiance doit être restaurée par une communication apaisante et rassurante.
L'enfant éprouve toute une gamme d'émotions pénibles à gérer : tristesse, colère, angoisse ou dépression. Evitez donc de projeter vos propres sentiments sur lui pour ne pas renforcer son traumatisme ou son sentiment de culpabilité. Votre enfant n'est peut-être pas prêt, pour le moment, à vous parler de l'agresseur ou des circonstances de l'agression. Il retrouvera son équilibre émotif si vous le soutenez sans le harceler de questions. Procédez par questions ouvertes ou n'hésitez pas à recourir à une aide extérieure via Child Focus ou une autre organisation qui vous offrira un encadrement thérapeutique.
Les enfants victimes d'abus sexuels souffrent généralement d'un sentiment de culpabilité car ils n'ont pu s'opposer à l'abus et/ou bien ils y ont pris du plaisir. Expliquez bien à votre enfant qu'il ne doit jamais se voir attribuer la faute ni la responsabilité de relations sexuelles avec un adulte, même s'ils les avaient éventuellement souhaitées. Du point de vue du développement psychologique, ils ne sont pas capables d'évaluer correctement tous les enjeux d'une telle relation et, à fortiori, de marquer leur accord pour cette relation.
Bien sûr, il est quasiment impossible de faire comme si de rien n'était et de garder le sourire dans de pareilles circonstances. Mais il serait bon de vous extirper au maximum d'une ambiance négative. Prenez l'air, faites des sorties avec votre enfant. De cette manière, vous l'aiderez à prendre du recul et à retrouver peu à peu un rythme de vie normal.