Campagne « Estimez votre trésor » – 18 novembre 2016

Child Focus News

18-11-2016

Campagne « Estimez votre trésor » – 18 novembre 2016

www.estimezvotretresor.be

Pourquoi ? L’exploitation sexuelle de mineurs est une réalité qui n’est absolument pas circonscrite à de lointains  pays d’Afrique ou d’Asie, mais qui laisse également de profondes séquelles aux enfants victimes dans notre pays. À travers cette campagne, nous voulons rendre cette réalité tangible pour les citoyens ordinaires en les confrontant à la problématique d’une façon pour le moins directe.

Comment ? Child Focus a développé un outil en ligne afin d’évaluer la « valeur commerciale » de victimes d’exploitation sexuelle sur la base de données réellement disponibles. Chacun peut ainsi calculer la valeur marchande qu’aurait son enfant s’il venait à tomber entre les mains de criminels déterminés à l’exploiter sexuellement. Choquant ? Sans aucun doute, mais cette campagne vise surtout à ouvrir les yeux du grand public sur une réalité que nous devons combattre tous ensemble.

Moyens de diffusion et personnes impliquées ? Il s’agit d’une campagne en ligne qui sera principalement diffusée via Facebook et Twitter et qui bénéficie de l’appui de personnalités en vue – qui ont également de jeunes enfants. Tout le monde peut cependant contribuer à la diffusion de la campagne, en utilisant la fonction partager ou en participant personnellement.

D’un point de vue technique, l’outil est un calculateur en ligne. Vous pouvez modifier une série de données – sexe de l’enfant, âge, couleur de cheveux, couleur de peau – et obtenir ensuite un montant. Ce montant se présente comme une étiquette placée sur les yeux d’un enfant correspondant aux paramètres sélectionnés – la photo de l’enfant est sélectionnée de manière aléatoire mais vous pouvez, si vous le souhaitez, télécharger une photo de votre enfant.

 

Comment cette campagne va-t-elle aider les enfants victimes d’abus sexuels ? Et pourquoi devrais-je y participer ou la partager ?

L’exploitation sexuelle est souvent invisible. Il est impossible de deviner que ce jeune garçon est victime d’un abuseur qui diffuse des images pédopornographiques ou que cette jeune fille est tombée sous la coupe d’un proxénète d’ados. Cette réalité existe pourtant bel et bien en Belgique, comme le prouvent les dizaines de procès dénombrés chaque année.

Voilà pourquoi il est important de montrer au grand public l’existence de cette réalité et de lui faire comprendre que tout un chacun peut, à un moment donné, y être confronté d’une manière ou d’une autre. Quelqu’un qui connaît l’existence de cette problématique sera plus enclin à réagir rapidement et à signaler les faits, mettant ainsi un terme à l’exploitation sexuelle.

Par conséquent, plus cette campagne est vue, plus les chances de sauver un enfant augmentent.

 

Si je participe ou si je partage la campagne, cela signifie-t-il que je pourrais vraiment vendre mon enfant ?

Non, évidemment. Le contexte général et le texte publié en dessous des publications font clairement comprendre qu’il s’agit d’une campagne. Le logo de Child Focus, une organisation dont tout le monde connaît l’engagement dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, est en outre toujours bien visible.

 

Puis-je supprimer les photos par la suite ?

Les photos d’enfants utilisées par défaut sont ce que l’on appelle des photos de stock achetées, souvent assez anciennes. Chaque personne représentée nous a autorisés à utiliser sa photo.

Si vous avez participé à la campagne en utilisant une photo de votre enfant et si vous voulez ensuite la faire disparaître du fil d’actualité Facebook de vos amis ou de vos abonnés, vous pouvez procéder comme suit :

1° Supprimez la publication.

2° Supprimez également la photo dans la banque de photos de votre profil Facebook.

 

Qu’entend-on exactement par exploitation sexuelle d’enfants ?

La définition juridique figure dans la Convention de Lanzarote, signée par des dizaines de pays européens. Il s’agit de l’atteinte portée à l’intégrité sexuelle d’enfants, de façon organisée et systématique, éventuellement à l’aide de moyens technologiques. Plus concrètement, l’exploitation sexuelle vise la prostitution de mineurs, qu’elle se déroule ou non dans le cadre du tourisme sexuel ; la diffusion via internet de photos ou de vidéos d’abus sexuels commis sur des enfants ; une approche de séduction (grooming) via internet ou les médias sociaux en vue d’amener un jeune à des actes sexuels, réels ou en ligne ; le chantage sexuel (sextorsion) sur de jeunes garçons ou jeunes filles qui sont d’abord amenés à partager des photos osées d’eux ou d’elles-mêmes. Parfois, mais pas toujours, cette exploitation a un caractère commercial et est liée à l’appât du gain. C’est par exemple le cas de la problématique des proxénètes d’ados.

Chacune de ces formes d’exploitation sexuelle entraîne bien entendu des traumatismes psychiques ou physiques qui portent atteinte à l’estime de soi et à la dignité des victimes car ils pèsent lourdement sur la qualité de leur vie future. C’est pour cette raison que nous devons les combattre de toutes nos forces.

 

Que fait Child Focus contre l’exploitation sexuelle des enfants ?

Child Focus propose une assistance téléphonique via le numéro d’urgence gratuit 116 000, accessible jour et nuit pour les victimes d’exploitation sexuelle, leurs proches ou des tiers ayant eu connaissance de tels faits. Chaque signalement est pris au sérieux et fait l’objet d’un suivi, en étroite collaboration avec les services de police et de justice ou de l’aide sociale.

Child Focus se porte régulièrement partie civile dans les procès d’auteurs présumés qui sont portés à sa connaissance, afin de donner une voix et d’apporter un soutien aux victimes – qu’elles soient identifiées ou inconnues.

Child Focus met également à disposition le point de contact civil www.stopchildporno.be, via lequel toute personne qui découvre par hasard sur Internet, des photos d’abus sexuels d’enfants peut les signaler, en conservant l’anonymat si elle le souhaite. Ces signalements font l’objet d’un suivi, en étroite collaboration avec la police et la justice. En vertu d’une modification récente de la loi, Child Focus dispose d’une liberté d’action renforcée en ce qui concerne l’analyse des signalements, qui lui permet aussi de veiller à ce que ces images soient rapidement supprimées d’Internet.

Child Focus se consacre à la prévention de l’exploitation sexuelle d’enfants en soutenant entre autres, même si cela peut sembler étonnant, un véritable programme d’aide pour les personnes ayant des tendances pédophiles afin d’éviter qu’elles ne passent à l’acte et pour les auteurs, afin qu’ils ne récidivent pas. Une autre forme de prévention consiste à informer les enfants et les adolescents (mais aussi les parents et les enseignants), ainsi qu’à les aider à utiliser Internet et les médias sociaux de façon responsable. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site www.clicksafe.be.

Enfin, Child Focus organise régulièrement des campagnes de sensibilisation afin de continuer à attirer l’attention du grand public et des professionnels sur la problématique. Cette campagne est la plus récente.

 

Pourquoi présenter cette campagne aujourd’hui, dans le cadre de la Journée européenne pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels ?

L’exploitation sexuelle provoque chez l’enfant qui en est victime des traumatismes dont il souffre souvent toute sa vie. Afin de contribuer à éviter ces graves violations des droits de l’enfant, de mettre en place des mesures axées sur la prévention et la poursuite des auteurs, ainsi que d’insister sur l’importance de l’aide aux victimes, le Conseil de l’Europe et les pays qui en sont membres ont pris l’initiative d’organiser une journée d’action annuelle le 18 novembre. Cette journée vise tout particulièrement les hommes et femmes politiques, le monde universitaire, les travailleurs sociaux et les éducateurs, la police et la justice, mais aussi le grand public. Cette initiative fait suite à la Convention de Lanzarote, qui impose aux états signataires de combattre et de criminaliser toutes les formes d’exploitation sexuelle de mineurs, et qui vise aussi à prendre des mesures de prévention et à offrir un encadrement et une aide efficaces aux victimes. En parallèle du lancement de la campagne de sensibilisation, Child Focus organise une table ronde réunissant une vingtaine d’experts belges, en la présence de Sa Majesté la Reine.

 

Comment effectuer un signalement ?

Il se peut que cette campagne vous amène à réfléchir et attire votre attention sur une situation d’exploitation sexuelle potentielle dans votre entourage.

Nous vous invitons dans ce cas à la signaler à la police ou à Child Focus. À cet effet, vous pouvez utiliser la ligne d’aide gratuite 116 000, accessible 24 h/24 et 7 jours/7, le site www.stopchildporno.be ou l’adresse mail 116000@childfocus.org. Tous les signalements sont traités de façon confidentielle et peuvent être anonymes.

 

Montants affichés – Clause de non-responsabilité

Child Focus a fait appel à un analyste de données professionnel qui a travaillé sur la problématique à titre bénévole et a programmé le calculateur en ligne.

Les montants affichés par le calculateur sont calculés en dollars américains (USD) sur la base d’articles de presse, de documentaires et d’enquêtes journalistiques jugés fiables, soit une quarantaine de sources au total. Étant donné que de nombreuses sources se rapportent à des récits individuels, les chiffres doivent être traités avec circonspection.

Pour chaque cas individuel décrit dans les sources consultées, le montant, le sexe de la victime et, s’ils étaient connus, la catégorie d’âge et la couleur de cheveux ont été enregistrés dans une base de données. Au besoin, des montants ont été calculés sur la base d’un prix de vente dans l’industrie du sexe et/ou d’un montant par nuit pour des services sexuels. Ces calculs doivent être considérés avec circonspection puisqu’ils représentent souvent des estimations (fondées). L’estimation repose par exemple sur des articles relatant que des fillettes en Afrique ont été abusées jusqu’à 35 fois par nuit ou que des fillettes au Brésil sont abusées 7 heures par nuit en moyenne.

La couleur des cheveux figurait parfois dans la description des mineurs interrogés mais elle a, la plupart du temps, été déduite de la situation géographique. On a dès lors souvent opté pour des cheveux noirs lorsque les mineurs vivaient en Asie ou en Afrique. Cet élément doit par conséquent être considéré avec la plus grande précaution. Le calculateur ne tient par ailleurs pas vraiment compte de la couleur de peau, bien que la couleur de peau sélectionnée détermine la couleur de cheveux, qui est un paramètre pris en considération dans le calcul.

Les montants payés pour des mineurs victimes de la traite des êtres humains pour l’industrie du sexe ont servi de point de départ. Une moyenne générale a été calculée en intégrant toutes les sources et a servi de base pour l’estimation des autres montants (= 4553,63 dollars). On a ensuite cherché dans les articles le prix moyen applicable aux sous-catégories d’enfants – des enfants blonds par exemple – et on l’a comparé au prix moyen général déterminé précédemment. On a ainsi attribué des coefficients de pondération aux couleurs de cheveux, aux catégories d’âges et au sexe. À défaut de données suffisantes concernant le prix de vente dans l’industrie du sexe, on a analysé les différences au niveau du prix par nuit calculé, afin d’avoir une estimation des rapports de valeur.

Enfin, on a établi une estimation arbitraire des facteurs les plus déterminants pour la fixation du prix : sexe, âge ou couleur de cheveux. Un facteur de 1 a été attribué au sexe, de 0,8 à l’âge et de 1,5 à la couleur de cheveux.

Conclusion : les montants affichés par le calculateur sont basés sur de vrais chiffres extraits d’une quarantaine de sources ouvertes et d’enquêtes journalistiques. Étant donné que de nombreuses données ne sont pas disponibles, on a également utilisé des chiffres anecdotiques – issus d’articles de presse par exemple – pour pouvoir évaluer les différents éléments qui interviennent dans le calcul du prix. Les chiffres doivent donc être traités avec la circonspection qui s’impose et ne fournissent certainement pas une représentation scientifiquement étayée des montants réels pratiqués dans l’industrie du sexe.

Il s’agit, en résumé, de montants hypothétiques qui donnent probablement une estimation des profits générés par l’exploitation sexuelle de mineurs.

 

S’agit-il d’une campagne de récolte de fonds ?

Non. Nous ne voulons pas mélanger les campagnes de sensibilisation et de récolte de fonds. C’est la raison pour laquelle la campagne ne contient aucun appel aux dons et ne mentionne pas de numéro de compte. Cette campagne a vu le jour grâce à la collaboration bénévole de plusieurs partenaires. L’agence de communication These Days Y&R s’est déclarée prête à concevoir la campagne gratuitement, Facebook a souhaité la promouvoir, ING a mis ses locaux à notre disposition pour la conférence de presse et la Commission européenne a cofinancé le tout dans le cadre du projet B-Bico.

Il convient cependant de rappeler que tous les services d’aide aux victimes et de prévention de Child Focus sont gratuits. Seuls les dons des entreprises et des citoyens nous permettent évidemment de les proposer. Les personnes désireuses de nous soutenir trouveront toutes les informations nécessaires sur http://childfocus.be/fr/pourquoi-aider.

 

Plus d’infos : Dirk Depover 0476 959504 et Maryse Rolland 0479 303021, porte-parole Child Focus.

 

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