Ne te laisse pas avoir

Proxénètes d’ados : qui ou que sont-ils ?
Comment procède exactement un proxénète d’ados ?
Je pense connaître une victime de proxénète d’ados, que faire ?
Proxénètes d’ados: QUI OU QUE sont-ils ?

Foto Stop Tienerpooiers

Les proxénètes d’ados sont des trafiquants d’êtres humains qui rendent intentionnellement des adolescents affectivement dépendants d’eux, afin de les exploiter ensuite dans la prostitution.

Ils utilisent pour ce faire le mensonge, la contrainte, la violence physique et psychologique et/ou abusent de la vulnérabilité de leurs victimes. Concrètement : un proxénète d’ados fait pression sur des jeunes pour qu’ils se prostituent. Il te force à avoir des relations sexuelles avec des amis à lui ou même des clients contre de l’argent. Parfois, ça ne s’arrête pas là : en tant que victime, tu te retrouves impliqué(e) dans des vols (parfois violents), tu dois consommer de la drogue ou en livrer. Le proxénète peut même te demander de chercher toi-même de nouvelles victimes pour lui. 

Comment peut-on en arriver là ? Le proxénète d’ados a différentes méthodes pour te piéger. Tu penses bien sûr tout de suite à des violences ou des menaces mais ce n’est pas toujours le cas. Souvent, les victimes ne se rendent même pas compte qu’elles sont des victimes ! Le proxénète fait comme s’il était amoureux de toi, comme s’il tenait à toi. Évidemment, ce n’est pas vrai : toi, tu ne demanderais quand même pas à quelqu’un à qui tu tiens vraiment d’avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes contre de l’argent, n’est-ce pas ?

Lorsque tu es victime, tout ton univers est déjà sens dessus-dessous. Tu as le sentiment que ta famille et tes amis te comprennent de moins en moins. Tu sèches aussi les cours plus souvent. Avec le temps, tu penses que le proxénète est la seule famille qu’il te reste, ce qui n’est bien sûr pas vrai. Tu es totalement dépendant(e)… 

En réalité, un proxénète d’ados est un trafiquant d’êtres humains. Même si la victime reçoit quelques cadeaux, ce n’est pas elle au final qui gagne de l’argent en ayant des relations sexuelles avec des clients mais surtout le proxénète lui-même. C’est pourquoi nous considérons qu’il s’agit de traite des êtres humains, ce qui est punissable par la loi. Les trafiquants d’êtres humains qui se font prendre sont sévèrement punis, parce qu’ils exploitent d’autres êtres humains !

Comment procède exactement un proxénète d’ados ?

Chaque proxénète d’ados a sa propre façon de faire mais le processus est quand même toujours identique. La victime est exploitée dans le seul but de gagner de l’argent. Ce processus suit chaque fois ces étapes :    recruter ; amadouer ; isoler ; exploiter.

Les jeunes sont recrutés…

Pour trouver des victimes, les proxénètes d’ados se rendent là où les jeunes passent beaucoup de temps et où ils peuvent avoir des contacts avec eux facilement, la sortie des écoles par exemple, ou des institutions, des parcs. Mais ils mènent aussi leurs recherches sur Internet. C’est ce qu’on appelle le hawking : les proxénètes entrent directement en contact avec leurs victimes potentielles sur Facebook, Instagram ou d’autres réseaux sociaux. Ils discutent souvent avec beaucoup de jeunes en même temps en espérant que le plus grand nombre se fasse piéger.

… et amadoués …

Une fois qu’un jeune a mordu à l’hameçon, le proxénète commence à lui accorder beaucoup d’attention. Il fait de nombreux compliments à sa victime, pour gagner sa confiance. Il va souvent bien préparer son coup, pour ne pas être démasqué trop vite. Dès lors, c’est important pour lui de récolter autant d’informations que possible sur sa jeune victime pour savoir comment la piéger.

 … totalement isolés …

Par la suite, le proxénète va souvent utiliser ce que l’ado lui a confié pour lui faire peur ou le/la menacer, que ce soient des secrets, des photos sexy ou des sextos qu’il/elle lui a envoyés en toute confiance. Le proxénète peut maintenant utiliser tout ça pour « faire chanter » sa victime. 

Un proxénète d’ados monte souvent ses victimes contre leurs parents, leurs éducateurs, leurs amis ou l’école. Il va prendre le plus de place possible dans la vie de l’ado. Ce processus d’isolation a pour but de donner l’impression à la victime que le proxénète est la seule personne qui tienne à elle. Il joue ensuite à l’attirer à lui, puis à la rejeter, plusieurs fois, jusqu’à ce qu’elle mette finalement tout en œuvre pour récupérer son attention. Le proxénète d’ados peut aussi lui donner de la drogue et la rendre accro, pour la contrôler encore plus facilement. 

… et finalement exploités sexuellement 

Ensuite commence l’exploitation. Le proxénète demande à sa victime d’avoir des relations sexuelles avec des inconnus, alors qu’elle ne peut plus vraiment refuser ou ne veut plus dire non. Souvent elle pense qu’elle a décidé elle-même d’avoir des relations sexuelles contre de l’argent et que ce n’est pas si grave. C’est à ce stade qu’a lieu le lavage de cerveau : la victime estime que le proxénète ne l’a absolument pas menacée, ni forcée. Mais d’après la loi, aucun jeune de moins de 18 ans ne peut choisir de se prostituer. C’est évident que si tu cherches des clients pour un(e) prostitué(e) et gagnes de l’argent de cette façon, tu es un proxénète. Et c’est évident que tu es en train d’exploiter une autre personne.

Comment reconnaître une victime ?

Ci-dessous sont repris un certain nombre d’éléments qui peuvent indiquer qu’une personne est tombée dans le piège d’un proxénète d’ados.

Une victime de proxénète d’ados :

  • a généralement entre 12 et 18 ans;
     
  • fugue souvent de chez elle ou de son institution; 
     
  • a un amoureux plus âgé, qui téléphone beaucoup et a l’air très possessif;
     
  • s’habille et se comporte soudain très différemment / de façon plus provoquante; 
     
  • ne s’intéresse plus qu’à cet amoureux, sèche de plus en plus régulièrement les cours et se dispute souvent avec ses parents ou ses éducateurs; 
     
  • se met brusquement à consommer de la drogue ou à boire beaucoup;
     
  • a soudain de nouveaux amis;
     
  • a subitement de l’argent ou d’autres affaires plus coûteuses, comme un nouveau GSM, et ne peut ou ne veut pas vraiment expliquer d’où ça vient;
     
  • ne veut pas parler de ce qui lui arrive et s’emporte vite;
     
  • ... 

Attention ! Ce n’est pas parce que tu reconnais l’un de ces signaux que ton ami(e) est forcément la victime d’un proxénète d’ados ! Le contraire est possible aussi : parfois, une victime ne présentera même aucune de ces caractéristiques.

Comment puis-je aider ?

Contact politieSi tu t’inquiètes pour quelqu’un et penses que cette personne a des problèmes, alors c’est important de pouvoir en parler, de préférence à un adulte en qui tu as confiance. Tu peux aussi contacter Child Focus (anonymement, si tu le souhaites) par téléphone au 116 000 ou par mail. Tu peux également porter plainte à la police. Tu as ici un aperçu de ce qui se passe lorsque tu prends contact avec la police. 

N’essaie donc pas de résoudre le problème tout(e) seul(e). Raconte-le à un professeur, à tes parents ou à quelqu’un en qui tu as confiance, peu importe. Mais parles-en ! 

Si c’est possible et que tu t’en sens capable, le mieux est de garder contact avec ton ami(e), même s’il/si elle n’est pas très cool avec toi en ce moment. Tu sais maintenant qu’il/elle se trouve dans une situation difficile et aurait bien besoin d’être soutenu(e) par quelqu’un (même si ça n’en a pas l’air). En tout cas, c’est toujours bien de lui faire savoir que tu es là pour lui/elle ! Mais tu dois aussi prendre soin de toi. C’est important que tu puisses en parler à quelqu’un et que tu ne fasses rien qui ne te mette mal à l’aise. Si tu as besoin d’aide, tu peux évidemment en demander !

Je suis moi-même victime d’un proxénète d’ados ou je ne suis pas sûre de l’être. Comment savoir ?

Hulp zoekenCe n’est pas si facile d’admettre ou d’avouer à quelqu’un que tu es ou as été exploité(e) comme prostitué(e). Sache seulement que ce n’est jamais de ta faute si tu es exploité(e) ou si on abuse de toi ! Ce qui est important maintenant, c’est de chercher de l’aide le plus vite possible. Tu ne mérites absolument pas de te retrouver dans cette situation et qu’on abuse de toi de cette façon.

Tu dois aussi savoir que tu n’es pas seul(e) ! De nombreuses autres victimes vivent la même chose chaque jour. Et donc si quelqu’un te demande d’avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes pour de l’argent, c’est grave, quelles que soient les circonstances ! La personne qui gagne de l’argent de cette façon n’est ni plus ni moins qu’un proxénète qui t’utilise. Ce n’est pas un ami et en aucun cas un amoureux.

Rappelle-toi surtout qu’il n’est jamais trop tard pour chercher de l’aide et que tu mérites d’être aidé(e) ! Tu peux réellement t’en sortir et plusieurs personnes peuvent t’aider pour ça. Le mieux serait de te confier à un adulte ou, si tu veux, tu peux aussi téléphoner au numéro d’urgence de Child Focus, au 116 000, même anonymement. Tu peux aussi nous envoyer un mail
Porter plainte toi-même à la police est évidemment toujours une solution.  

Si tu as des doutes concernant ton nouveau copain/ta nouvelle copine, tes nouveaux amis ou alors concernant quelqu’un qui t’a contacté(e), surtout, lis ce qui va suivre ! Ici tu pourras trouver beaucoup d’informations utiles et de conseils. 

Qu’est-ce qu’une bonne relation ?

Un grand nombre de victimes de proxénètes d’ados ont des sentiments pour leur proxénète, une sensation de dépendance mais aussi de l’amour. Les proxénètes d’ados font justement en sorte que leurs victimes aient l’impression qu’ils sont leurs « sauveurs », ceux qui les épaulent, chez qui elles peuvent trouver refuge. Les seuls au monde qui sont là pour elles et qui sont toujours prêts à les aider ... 

Au final, ça n’a pas de sens. Une bonne relation commence et se termine toujours dans le respect : chacun se respecte mutuellement, tient compte de l’autre, ne lui fait pas de mal. En plus, c’est nécessaire de pouvoir parler ensemble mais aussi de pouvoir s’écouter l’un l’autre. Dans une bonne relation, un(e) partenaire ne fait pas exprès des choses que l’autre n’apprécie pas. Un(e) bon(ne) partenaire ne veut jamais donner de « leçon » à l’autre. 

Dans une bonne relation, tu peux être toi-même et les deux partenaires s’acceptent tels qu’ils sont. Nul n’est parfait ! Donc c’est évident que quelqu’un peut se montrer pénible ou impatient de temps à autre. Mais si tu as l’impression de marcher constamment sur des œufs dans la crainte que l’autre ne se mette en colère, si tu as le sentiment de devoir toujours te retenir ou t’adapter à l’autre, cela montre que quelque chose ne va pas. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut jamais trouver de compromis. Essayer de trouver le juste milieu est une bonne chose dans une relation mais il faut alors que des concessions se fassent des deux côtés.

Évidemment, le sexe et les contacts physiques sont importants dans une relation. Montrer de l’affection et de la tendresse sont de belles façons d’exprimer son amour mais il y a tout de même certaines conditions à respecter. Personne ne doit JAMAIS être forcé à avoir des contacts physiques. Il faut donc accepter le fait que l’autre puisse ne pas avoir envie de câlins, d’être embrassé ou touché. De plus, les contacts physiques ne peuvent jamais devenir une monnaie d’échange contre autre chose.

Dire non? Tu dois toujours avoir le droit de refuser! Cela vaut aussi pour le sexe, bien sûr. Si tu penses qu’il n’y a rien de mal à accepter d’avoir des relations sexuelles en échange d’autre chose; parce que si tu refusais, tu te sentirais coupable… alors quelque chose ne tourne pas rond. À ce moment-là, en réalité, tu ne donnes pas totalement ton consentement mais tu te donnes à l’autre et tu ne peux plus dire non à tout moment. 

Ce qui rend une relation sympa, c’est de recevoir et donner de l’attention mais c’est important que les deux partenaires en aient envie. Personne ne devrait avoir à faire quelque chose de spécial pour que l’autre fasse attention à lui/elle. Ce n’est pas normal qu’une personne doive toujours attendre de voir si elle aura droit ou non à un peu de considération aujourd’hui, ou que son ou sa partenaire joue à lui offrir de l’attention en la retirant aussitôt afin d’avoir du pouvoir sur cette personne. 

De plus, ce n’est pas parce que tu as une relation que tu n’as plus le droit d’avoir ta propre vie. Dans une relation saine, personne n’est complètement dépendant de l’autre. Il n’y a pas de raison de placer l’autre sur un piédestal. Considère plutôt ton/ta partenaire comme ton égal(e), comme quelqu’un qui a autant de valeur que toi. 

Et ne laisse personne faire pression sur toi pour que tu laisses tomber tes amis ! Avoir encore des amis, des amies et ta famille autour de toi peut aussi t’aider. Dès le moment où tu n’as plus personne d’autre que ton/ta partenaire dans ta vie et que le reste de ton entourage est banni de ton existence, tu cours le risque de devenir complètement dépendant(e) de cette unique personne.

Accepter d’avoir des relations sexuelles quand je n’en ai pas envie, c’est grave ?

Obliger quelqu’un à avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes, c’est grave. Il s’agit tout simplement d’exploitation sexuelle ou de violence sexuelle. Il existe différentes formes de violence sexuelle, allant d’attouchements non désirés au viol. On te force à poser des actes sexuels dès le moment où on ne tient pas compte de ton refus, ou si tu ne peux même plus dire non. Cela peut se produire parce quelqu’un recourt à la violence mais aussi lorsque quelqu’un te persuade de te sentir coupable, te manipule, te dit que tu auras quelque chose en retour ou que tu feras plaisir à quelqu’un. Que cette contrainte soit psychologique ou physique ne change rien. C’est inacceptable !

C’est important que tu te rappelles que tu peux toujours dire non, à tout moment, si tu te sens mal à l’aise, si tu ne veux pas de quelque chose ou si tu ne te sens pas prêt(e). Tu dois aussi toujours pouvoir arrêter après avoir commencé ou dire que tu veux bien faire certaines choses mais d’autres non. Ce n’est pas parce que tu as dit « oui » une fois, que tu ne peux plus dire non. 

Ce n’est pas de ta faute si quelqu’un fait quelque chose avec ton corps sans que tu ne le veuilles, quand bien même tu aurais dit « oui » ou donné ton consentement au départ. Peut-être que ça te semblait être d’abord une bonne idée ou peut-être que tu trouvais la récompense assez attrayante mais le fait que quelqu’un t’oblige à faire quelque chose que tu ne veux pas faire, comme avoir des relations sexuelles, est inacceptable. Rappelle-toi bien que si on abuse de toi de cette façon, tu n’es JAMAIS responsable de ce qu’une autre personne te fait. Tu n’y es pour rien. 

Que se passe-t-il lorsque je signale quelque chose à la police ou à Child Focus ?

Si tu es victime d’un proxénète d’ados ou si tu connais quelqu’un qui l’est, tu peux toujours en parler à la police. Les policiers vont dresser un procès-verbal (PV) de ce que tu leur auras raconté. Ce PV et éventuellement d’autres informations qui auront été rassemblées seront ensuite envoyés au parquet compétent. Le parquet est l’instance judiciaire qui veille à ce que les actes punissables soient repérés et poursuivis. Là, ils vont décider de ce qui doit être fait et tout mettre en œuvre pour t’aider toi ou ton ami(e). Les proxénètes d’ados sont des trafiquants d’êtres humains qui doivent être arrêtés. Et leurs victimes doivent être aidées ! 

Si tu ne te sens pas assez à l’aise pour aller à la police, tu peux toujours contacter Child Focus. Tu peux téléphoner gratuitement au 116 000 et raconter ton histoire, de façon anonyme si tu le souhaites. Tu peux aussi nous envoyer un mail à l’adresse 116000@childfocus.org. Child Focus cherchera alors pour toi l’aide dont tu as besoin, mettra la police au courant de la situation et tentera de te sauver ou de sauver ton ami(e) des griffes du proxénète. Nous sommes disponibles tout le temps, de jour comme de nuit, sept jours sur sept. Nous prendrons toujours ton histoire très au sérieux et ferons tout pour aider les victimes. S’il t’est difficile de te rendre à la police, appelle Child Focus. C’est un moyen de l’avertir indirectement.